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Le 19 novembre 1996, un Beechcraft 1900C (B1900) à bord duquel se trouvaient deux pilotes et 10 passagers effectuait, au crépuscule et en conditions météorologiques de vol à vue (VMC), une approche directe de la piste 13 de l'aéroport municipal de Quincy (Illinois, États-Unis) qui n'est pas contrôlé. Un King Air 90 (BE90), avec à bord une pilote et une passagère possédant une licence de pilote, était en position, prêt à décoller, sur la piste 04 qui croise la piste 13. Dans la zone de point fixe, un Piper Cherokee (PA-28) attendait pour décoller immédiatement après le BE90. Quelques secondes avant que le B1900 ne se pose sur la piste 13, le BE90 a commencé sa course au décollage sur la piste 04. Malgré les manoeuvres d'évitement tentées par les pilotes de deux appareils, ces derniers se sont percutés à l'intersection des deux pistes et tous les occupants ont péri dans l'accident. Ceux-ci n'ont pas subi de blessures, résultant de la violence du choc, qui auraient pu les empêcher de se déplacer ou d'évacuer l'appareil, mais sont morts intoxiqués par la fumée, la suie et les autres produits de combustion qui se sont dégagés durant l'incendie qui a suivi l'accident.

Le rapport final du NTSB indique que « la cause probable de l'accident se trouve dans le fait que les pilotes du [BE90], n'ayant pas correctement surveillé la fréquence commune d'avis de circulation (CTAF) ou visuellement vérifié l'absence de circulation, ont débuté leur course au décollage alors que le [B1900] atterrissait sur une piste sécante. A également contribué à l'accident le message radio tronqué du [PA-28] que le pilote du [B1900] a cru, à tort, être un message du [BE90] lui indiquant qu'il ne décollerait pas avant que [B1900] ait dégagé la piste ».

Enchaînement des événements — la capitaine du B1900 a indiqué sur la CTAF qu'elle se trouvait à environ 30 milles au nord de l'aéroport et qu'elle atterrirait sur la piste 13 puis a demandé que « tout appareil à proximité signale sa position ». Cette requête n'a été suivie d'aucune réponse. La CTAF est la fréquence radio à laquelle doivent recourir les pilotes volant aux abords d'un aéroport non contrôlé et est similaire aux fréquences obligatoires (MF) du Canada. Les pilotes doivent utiliser cette fréquence pour indiquer leur position ainsi que les manoeuvres qu'ils comptent effectuer, en vol ou au sol.

La passagère possédant une licence de pilote du BE90 a indiqué qu'elles étaient en train de se positionner en vu d'un décollage de la piste 04 puis elle a été suivie, sur la fréquence, par le pilote du PA-28 qui indiquait qu'il « se plaçait en second » pour la piste 04. La capitaine du B1900 a alors demandé à sa copilote : « Ils utilisent tous les deux la 04. Tu te prépares quand même pour la un-trois? » La copilote a répondu : « Oui, si cela se présente mal nous nous mettrons en vent arrière pour la quatre, mais pour l'instant, on se prépare pour la un-trois. »

La capitaine du B1900 a annoncé « Trafic sur Quincy [indicatif d'appel] est actuellement à 10 milles au nord du terrain. Nous sommes sur le point de nous mettre en étape de base à gauche pour la piste un-trois de Quincy. Appareils à proximité, signalez votre position. » Elle n'a reçu aucune réponse. Deux minutes plus tard, l'équipage du BE90 a annoncé qu'il se tenait à l'écart de la piste 04, mais qu'il l'utiliserait pour le décollage. Le rapport indique que « La capitaine du B1900... a commenté « elle prend la piste quatre maintenant? »». La copilote a répondu : « Ouais ».

La capitaine du B1900 a indiqué qu'elle arrivait en courte finale de la piste un-trois et a demandé : « l'appareil va-t-il rester sur la piste quatre ou êtes-vous sur le point de décoller? » La passagère du BE90, qui détenait une licence de pilote, n'a pas répondu mais le pilote du PA-28 a indiqué, « [indicatif d'appel du PA-28]... À l'écart... pour un décollage sur la piste quatre... » Le CVR (enregistreur de la parole dans le poste de pilotage) du B1900 a alors enregistré une interruption du message par un « deux cents » mécanique provenant du dispositif avertisseur de proximité de sol. Le CVR a ensuite enregistré la fin du message du PA-28 : « sur le, euh, King Air ».

Lorsque le pilote du PA-28 a répondu à la question, la capitaine du B1900 a cru qu'il s'agissait de l'équipage du King Air. Le NTSB signale cependant que certains indices permettaient de savoir que le message ne provenait pas du BE90. À savoir que l'interlocuteur a donné un numéro d'immatriculation différent et que la voix était celle d'un homme alors que les précédents messages du BE90 avaient été émis par une voix féminine. Le pilote du PA-28 a indiqué que tous les messages émis, tant par le B1900 que par le BE90, l'avaient été par des voix féminines. « Cependant, parce que les pilotes du [B1900] étaient plus préoccupées par le fait de poser leur appareil et, aussi, parce que l'interlocuteur a dit « King Air » et non « Cherokee » et que les pilotes n'avaient aucune raison de s'attendre à une réponse d'un appareil autre que le BE90, elles n'ont probablement pas prêté attention à ces indices. »

Bien que le BE90 soit resté immobilisé environ une minute sur la piste 04, le pilote du BE90 a commencé sa course au décollage sans émettre un avis préalable sur la CTAF. Un tel avis aurait permis à l'équipage du B1900 d'effectuer une manoeuvre d'évitement. Le pilote du PA-28, qui ne comptait que 80 heures de vol, a vu les deux appareils se diriger l'un vers l'autre et aurait pu, par précaution, prévenir le B1900 de la situation. Mais, bien que les pistes 04 et 13 se croisent à angle droit, le pilote du PA-28 a déclaré qu'il n'avait pas pris conscience du fait qu'elles étaient sécantes

« Parce que jamais un pilote ne penserait à décoller alors qu'un autre appareil s'apprête à atterrir sur une piste sécante, les occupants du B90 ignoraient très certainement, au moment de commencer leur course au décollage, qu'un appareil était sur le point d'atterrir. » Une telle ignorance peut avoir trois causes : les pilotes du BE90 ne surveillaient pas la CTAF, leur radio connaissait des problèmes mécaniques ou était réglée de façon à ce que l'équipage du King Air puisse recevoir des messages mais non en transmettre.

« Si les occupantes du BE90 avaient surveillé la fréquence CTAF, elles auraient reçu les quatre avis du B1900 indiquant que l'appareil s'apprêtait à atterrir sur la piste 13. En raison des dégâts occasionnés par l'incendie, il a été impossible de déterminer quels étaient les réglages de la radio au moment de l'accident. »

Une étude des distances et des durées, menée par le NTSB, a révélé que le BE90 avait commencé sa course au décollage environ 13 secondes avant que le B1900 ne touche le sol. Les occupants du PA-28 ont déclaré que le BE90 s'était immobilisé environ une minute sur la piste 04 avant de commencer sa course au décollage. Le pilote du PA-28 n'a entendu aucun avis de décollage émis par le BE90 sur la CTAF et aucun avis de décollage du BE90 n'a été enregistré sur le CVR du B1900.

Le B1900 a percuté le BE90 durant sa course à l'atterrissage, à l'intersection des pistes 13 et 04. Les premières personnes à arriver sur les lieux de l'accident ont indiqué que le côté droit du B1900 ainsi que le BE90 dans son ensemble étaient enveloppés par les flammes. Malgré tous les efforts déployés, ces personnes ont été incapables d'ouvrir la porte-escalier du B1900. Les enquêteurs se sont surtout intéressés à la porte-escalier et ont cherché à savoir comment et pourquoi elle s'était coincée, comme elle doit être utilisée en cas d'urgence, pourquoi personne n'avait pu l'ouvrir, que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur, et quelle était la maintenance dont elle avait été l'objet. « Il est fort probable que la raison pour laquelle il a été impossible d'ouvrir la porte-escalier tient au fait que l'accident a déformé la porte et son encadrement et a causé du jeu dans le câble de commande de la porte. »

Les extraits suivants renferment les conclusions les plus importantes du NTSB :

  • « L'équipage du [B1900] a respecté... les communications radio et la surveillance visuelle. Néanmoins, elles ont attribué par erreur à la pilote du [BE90] un message émanant du [PA-28] (indiquant qu'il se tenait à l'écart en attente d'un décollage sur la piste 04) ..., et ont donc cru, à tort, que le [BE90] n'avait pas l'intention de décoller avant qu'elles aient dégagé la piste. »
  • « Le fait que le pilote du [BE90] n'ait pas annoncé sur [la CTAF] son intention de décoller a créé une confusion qui a mené à la collision des deux [appareils]. »
  • « Les occupantes du [BE90] n'ont pas entendu les messages du [B1900] sur [la CTAF] : il est possible que... les occupantes du [BE90] aient mal réglé leur radio... ou qu'elles aient été préoccupées, distraites ou inattentives. »
  • « Les occupantes du [BE90] étaient trop inattentives ou distraites pour se consacrer aux tâches visant à « voir pour éviter » d'autres appareils. »
  • « Le message du pilote du [PA-28], en réponse à la pilote du [B1900] était inutile et hors de propos... et a fait croire, à tort, à l'équipage que le [BE90] continuerait de se tenir à l'écart. »
  • « En raison de son inexpérience, le pilote du [PA-28] ne s'est pas rendu compte qu'une collision entre les deux appareils était imminente et, pour cette raison, n'a émis aucun avertissement. »
  • « Les occupants du [B1900] n'ont pu sortir parce que la porte-escalier refusait de s'ouvrir et que le hublot d'issue de secours de l'aile droite n'était pas ouvert. »

À la suite de cette enquête, le NTSB a fait part à la FAA de recommandations sur les techniques de balayage visuel durant la formation des pilotes et durant les vols de contrôle bisannuels, sur le blocage de la porte du B1900 en cas de très petite déformation permanente, sur les méthodes permettant de répondre aux exigences d'une certification anti-blocage et sur les manquements de la maintenance.

N.D.L.R. : Les nombreuses leçons que l'on peut tirer de cet accident intéresseraient sûrement tous les pilotes mais, en raison des contraintes d'espace, nous avons dû nous concentrer ici sur les problèmes liés aux communications et à la notion de « voir pour éviter » dans un environnement non contrôlé. D'autres problèmes, tels que ceux liés au blocage de la porte-escalier du B1900 et au délai de réponse des équipes d'urgence, ne peuvent être ici étudiés avec autant de détails que dans Accident Prevention (vol. 5, n° 1, janvier 1998), le bulletin de la Flight Safety Foundation, à partir duquel cet article a été rédigé. Nous encourageons les lecteurs intéressés à le consulter en ligne à l'adresse Internet http://flightsafety.org/archives-and-resources/publications/accident-prevention/accident-prevention-1998 ou bien à demander un exemplaire du rapport NTSB/AAR-97-04 du NTSB.

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